Site officiel des 100 grammes de têtes !
Avec plus de 700 dates depuis 1998, aux quatre coins de l'Hexagone, mais également en Belgique, Espagne, Suisse, Allemagne, Pays-Bas et Outremer (la Réunion, Mayotte), Les 100 Grammes de Têtes sont l'une des références les plus solides de la scène ska-jazz-reggae française. Du Melkweg (Amsterdam) à l'Apolo (Barcelone), du Batofou (La Réunion) au New-Morning (Paris) en passant par le Dour Festival (Belgique), Jazz in Marciac ou le Summerjam (Allemagne), ils ont partagé la scène avec les Skatalites, Emir Kusturica et son No Smoking Orchestra, The Wailers, U-Roy, The Congos, Toots and The Maytals, Zebda, Massilia Sound System, Tryo, Mickey 3D Suite à leur rencontre avec Laurel Aitken en 2001, ils ont également accompagné ce dernier lors d'une quarantaine de concerts.
Après le concept-album "Trafic d'influences", sorti en 2003, melting-potes de reprises et collaborations multiples plutôt que disque de nouvelles créations à proprement parler, les ambianceurs catalans remettent le couvert pour leur quatrième album. "Reload !" a été minutieusement concocté depuis le printemps 2005 au Studio Eddima (Toulouse), d'où une nette amélioration qualitative par rapport aux précédents enregistrements, réalisés "à la roots" par le groupe dans son propre studio. Propulsés par une section de cuivres et des claviers toujours aussi présents, ainsi qu'un nouveau batteur, ses 15 titres offrent la carte épicée qui est le secret de la maison : ska et reggae des origines, mêlés de jazz, chanson et musiques du monde, qui n'hésitent plus à s'aventurer en direction du dub, de la jungle, de l'électro-jazz ou de la soul 60's.
Toutes les cordes de l'arc-en-ciel musical des perpignanais sont utilisées, en parfait "tribute to Black music", de la veine sixties de "Play It Cool" au ska plus rock de "Pilules", en passant par le reggae 70's de "But why ?". Pour la chanson, on citera "Gino" (histoire de proxo glauque sur fond de ska mambo nonchalant) et "Chihuahua" (mélodie douce-amère et spleenesque, aux accents proches de Salvador). Parmi de multiples mélanges, "Good Impression" (reprise de Coltrane) juxtapose, de façon assez classique pour le groupe, clin d'oeil shaftesque (soul-funk 70's) et ska-jazz, tandis que "Manapany", inspiré de leurs concerts à la Réunion, lance un métissage inédit, le skaloya, hybride de ska et de maloya. La dernière tournée du groupe sur l'île a d'ailleurs été l'occasion de réaliser un clip de ce titre, qui figure en bonus-vidéo de l'album. "Destructure Dub" ou "Panic" illustrent l'attrait des 100 G. pour le dub et les bidouillages sonores, rappelant les expérimentations du précédent CD, tout comme la bonus track, "Balade de l'absence", un nouveau remix électro de Starsky & Hutch. L'autre collaboration notable de cet album est la présence du Big Band du Grand Orchestre de Jazz du Conservatoire de Perpignan, soit 16 cuivres en tout, sur 3 titres, en particulier "Embouteillage", un instrumental superbe.
"Reload !", c'est le cri lancé par le MC d'un sound-system pour que son opérateur (selecter) interrompe un titre joué et le relance. Par extension, les chanteurs de reggae l'utilisent aussi vis-à-vis des backing bands. C'est une manière efficace de capter l'attention du public, remettre la pression et renvoyer la sauce. Voilà qui s'applique fort bien au nouvel opus des 100 G., retour aux sources, puisqu'il cumule les différents styles abordés par le groupe, et renouvellement dans la continuité puisque son ouverture musicale s'accroît encore.