Musée d'Archéologie Nationale.
Chateau de Saint Germain en Laye.
Napoléon III, par un décret du 8 mars 1862, décide la « création au Château de Saint-Germain-en-Laye, dun musée dantiquités celtiques et gallo-romaines ». La destination du musée sera précisée dans un rapport du 14 juin 1863. Il sagissait « de réunir les pièces justificatives, pour ainsi dire, de notre histoire nationale... ».
Le château, en très mauvais état, est classé au titre des monuments historiques le 8 avril 1863. Les travaux de rénovation sont confiés à larchitecte Eugène Millet, élève de Viollet-le-duc, et seront poursuivis par Laffolye et Daumet jusquau début du XXe siècle. Cette transformation du château en musée a permis de sauvegarder ce monument historique délabré par toutes ses affectations successives. Lintérieur nétait quun dédale de cellules, de corridors, de faux planchers et de cloisons encombrant les salles et ruinant les étages sous leur poids. A lextérieur, le château était démantelé et couvert dun enduit noirâtre...
Millet présente deux projets de restauration : conserver le château avec toutes ses annexes, sans rien y changer, en se bornant à consolider les parties en mauvais état ou inachevées ; ou supprimer ces annexes (les lourds pavillons dangle) et restituer le château tel quil était sous François Ier. Cest ce dernier projet qui est retenu.
La création du musée des Antiquités nationales
Le 1er avril 1865, la première réunion (sur les huit) de la Commission dorganisation du musée se réunit sous la présidence du Comte de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts (en quelque sorte notre Ministre de la Culture). Cette Commission regroupe de grands noms de larchéologie comme Alexandre Bertrand, Édouard Lartet, Félix de Saulcy, et Jacques Boucher de Perthes ; Le projet définitif sera luvre de Auguste Verchère de Reffye, Alexandre Bertrand et Claude Rossignol. Le premier directeur du musée est Alexandre Bertrand. Il va adopter le classement chronologique des objets alors que jusque-là a prévalu le classement par matière.
Le premier règlement du musée, en 1866, précise que « le musée de Saint-Germain a pour but de centraliser tous les documents relatifs à lhistoire des races qui ont occupé le territoire de la Gaule depuis les temps les plus reculés jusquau règne de Charlemagne ; de classer ces documents daprès un ordre méthodique ; den rendre létude facile et à la portée du public ; de le publier et den propager lenseignement ».
Le Musée des Antiquités nationales est donc le premier (et toujours aujourdhui, le seul) musée consacré entièrement à larchéologie du territoire national. Cest ce qui le distingue également des départements archéologiques du Louvre qui se développent à la même époque.
Les sept premières salles sont inaugurées par lEmpereur le 12 mai 1867, sous une pluie battante. Cette date avait été choisie en relation avec lExposition universelle. Quarante-quatre salles sont déjà ouvertes au public en 1898.
Le Musée aujourdhui
Des collections nouvelles continuent dentrer à Saint-Germain. Elles proviennent des recherches actuelles menées en France ou à létranger (comme lextraordinaire série dobjets de Nouvelle-Guinée, collectée par Pierre Pétrequin) ou encore dimportantes fouilles de sauvetage, comme lexceptionnel mobilier des tombes à char gauloises de laéroport de Roissy découvert en 1995.
Si le don constitue lun des modes denrichissement des collections, le Musée achète aussi des objets auprès de galeries spécialisées, de particuliers ou lors de ventes publiques. Cest ainsi que dernièrement, le musée a fait deux acquisitions exceptionnelles : une coupe en verre du IVe siècle gravée représentant le sacrifice dIsaac par Abraham et un trésor en or de lÂge du Bronze comportant 2 torques et 4 bracelets.
Aujourdhui encore le Musée se transforme. Un programme de rénovation des salles est actuellement en cours. Le public profite de la nouvelle présentation du premier âge du Fer depuis lautomne 1999. Le Néolithique et lÂge du Bronze ouvriront de nouveau en décembre 2001. La rénovation des salles dAlésia et de celles de la Tène débutera en 2002.